TALULLA

TALULLA
TALLULA

L'histoire d'Alice et June



L'histoire commença en septembre 2006.A la rentrée des classes, elles se rencontrèrent pour la première fois. Toutes deux étaient nouvelles dans ce collège Marguerite Duras de Biarritz, Alice venant de Bordeaux, et June, pour sa part, de Dunkerque. Cette rencontre eu lieu le 9 septembre, jour de l'anniversaire d'Alice. Elle avait quatorze ans. June, née de janvier, les avait depuis déjà longtemps.
Elles se retrouvèrent toutes deux dans la même classe de troisième et, tous les élèves se connaissant déjà des années précédentes, elles se retrouvèrent seules, et se mirent côte à côte, dès le premier jour associées par la force des choses.L'élément déclencheur de cette histoire fut un badge, un simple badge, dont un exemplaire était épinglé à la trousse de June, et un autre au porte monnaie d'Alice. June sortit donc cette fameuse trousse et la déposa sur la table et alors sa voisine fut saisie à la vue de ce badge. Elle sortit son porte-monnaie Emily the Strange qu'elle affectionnait tant et le mit à la vue de June. Lorsqu'elle vit à son tour ce badge, June se tourna vers Alice, ses yeux noisette brillants de joie :

-Tu connais Indochine ?-Oui...à vrai dire, c'est mon groupe préféré depuis que j'suis toute petite !-Sans blague ? J'ai jamais rencontré personne qui soit aussi fan que moi ! Il faut dire aussi que là d'où j'viens, y'a que des rappeurs ou des métaleux, alors ça leur paraît toujours trop rock, ou pas assez...soit les gens aiment, soit ils détestenr, il y a rarement de juste milieu...-J'connais pas non plus de vrai fan à part moi...S'étant découvert ce point commun, elles en parlèrent longuement et s'entendirent à merveille. Elles s'aperçurent, en quelque sorte, de leurs présences respectives, et s'observèrent :Alice avait les yeux bleus pâles, et des cheveux blonds comme du sable, coupés au carré avec une sage raie au milieu, et une sorte de frange. Elle avait le visage un peu long et un nez droit et fin. Sous sa bouche rosée se trouvaient deux petites bosses, comme si elle avait eu des crocs qui auraient laissé leur empreinte. Son corps très mince était vêtu d'une robe rouge rubis, descendant jusqu'au dessus des genoux. Elle était resserrée à la taille par un cordonnet, rouge également. Elle avait le col rond et des manches ballon. Alice portait également des chaussettes montantes, à rayures épaisses rouges et noires, qui lui couvraient le mollet, et des converses noires usées, format medium.Quant à June, elle était brune, coiffée au carré également, mais avec une raie sur le côté gauche. Elle portait un fin serre-tête blanc. Son visage était rond et elle avait un petit nez, ainsi qu'une bouche rouge, un peu grande. D'une physionomie analogue a celle d'Alice, elle aussi portait une robe, mais la sienne était bleu ciel. De la même longueur que celle d'Alice, elle avait un col « en V », et de toutes petites manches, coupées de biais. La taille était ceinturée de noir. Elle portait également des chaussettes montantes, mais celles-ci étaient d'un blanc immaculé, et des converses basses, noires décolorées. Souffrant d'une légère myopie, elle portait pendant les cours des lunettes rectangulaires a monture de fer noir.Dès ce jour, elles devinrent de plus en plus amies, se sentant toutes deux sur la même longueur d'onde. Elles s'enfoncèrent petit à petit dans un monde à part qu'elles construisaient au fur et à mesure, une bulle dans laquelle elles n'étaient que toutes les deux. Un univers fait de références à Indochine, bien sûr, mais aussi à tout ce qu'elles avaient en commun. Recluses derrière leurs remparts, elles se suffisaient l'une à l'autre et n'éprouvaient nullement le besoin d'une présence étrangère. Elles passaient tout leur temps ensemble et n'en avaient jamais assez l'une de l'autre. Elles étaient toujours sensiblement habillées pareilles, avec une légère tendance rouge pour Alice, et bleue pour June. Désormais, elles n'avaient presque plus besoin de se parler pour se comprendre, un regard leur suffisait.
Seulement, si elles n'avaient pas besoin des autres, ces autres le leur rendaient bien. Car les gens ont tendance à renier, à fuir ce qu'ils ne comprennent pas, et ce lien qui unissait ces deux adolescentes les dépassait. Elles étaient donc toujours mises à l'écart et ne participaient nullement à la vie sociale du collège.Il n'en fallut pas plus pour alerter leur professeur d'allemand, Mme Congalvès, une femme toujours à l'affût du moindre problème qu'elle pourrait résoudre, afin de faire parler d'elle et se faire bien voir. Elle convoqua donc leurs familles et leur exposa la situation : selon elle, Alice et June s'étouffaient et se soustrayaient à toute vie sociale. Elles ne s'étaient fait aucun ami en dehors d'elles et leurs résultats scolaires avaient baissés. Elle présenta les choses de façon si alarmantes que les quatre parents jugèrent bon de séparer les deux jeunes filles. Les vacances d'hiver approchant, il fut convenu que chaque famille partirait dans des endroits très différents, et qu'il ne fut pas permis à leurs filles de communiquer. Les parents d'Alice l'inscrivirent dans une pension où elle irait dès la rentrée, et elle ne serait toujours pas autorisée à prendre contact avec June.
Quelques jours après le début de ces vacances, June eut ses premières règles. Elle redoutait ce moment depuis toujours et espérait qu'elle n'aurait jamais à subir cette chose répugnante... Elle se sentit alors si sale, si impure... et Alice qui était si loin...Personne n'était là pour comprendre ce qui se passait à l'intérieur d'elle. Elle se sentait si seule...Elle commença alors à perdre l'appétit. Chaque repas devenait une épreuve, et elle mettait de plus en plus de temps à en venir à bout. Chaque bouchée avalée était une torture. Après les repas, elle se sentait si lourde, si mal et, encore une fois, si sale... Elle se donnait envie de vomir, et c'est d'ailleurs ce qu'elle fit...et elle se sentit soulagée, mais si vidée, perdue, sans but...elle n'avait plus envie de rien, et personne à qui en parler. Quelques jours plus tard, alors qu'elle se lavait, elle se mit à pleurer, puis elle s'immergea intégralement dans son bain et attendit. Progressivement, ses poumons se vidèrent de leur oxygène, sa tête commença à bourdonner, tout devint noir...puis, soudain, il y eut un éclair blafard et le visage angélique d'Alice lui apparut. Elle reprit alors conscience des choses et sortit la tête de l'eau. Elle sut alors que seule Alice pouvait encore donner un sens à sa vie. Il lui fallait la récupérer.Le soir même, elle eut une conversation avec ses parents et feint de comprendre leur point de vue et leur réaction. Elle prétendit regretter s'être éloignée d'eux ...elle finit donc par les convaincre d'avoir une discussion avec les parents d'Alice, afin qu'elles puissent à nouveau se voir et que son amie revienne au collège. Après d'âpres négociations, ils se laissèrent convaincre à leur tour.Leur séparation n'avait duré qu'un mois, mais dès qu'elles se retrouvèrent seules à seules, ce ne fut qu'effusion de sentiments. Elles s'embrassèrent à en perdre la raison. Elles étaient habillées comme lors de leur première rencontre. Une fois l'émotion des retrouvailles passée, elles s'observèrent, et June vit dans les yeux d'Alice qu'elle avait aussi mal vécu cette période qu'elle-même, mais qu'elle avait refoulé tout son mal-être au plus profond d'elle et qu'elle s'était complètement repliée sur elle-même, comme tombée dans un trou noir, et seule June pouvait s'en apercevoir, la comprendre, la rassurer et, peut être, la sauver.Toutes deux s'aperçurent que quelque chose s'était brisé avec leur séparation : leur confiance en les autres. Leurs parents avaient pour but de les éloigner, mais cela les avait au contraire rendu plus fortes. Elles savaient à présent que le monde était un pervers et qu'elles ne pouvaient plus compter que sur elles même pour ne pas tomber aussi bas comme lui. Et si il y avait eu jusqu'alors eu une chance qu'elles sortent de leur bulle, alors cet espoir s'était évanoui, en même temps que cette confiance perdue, elles étaient désormais cloîtrées dans leur univers par tous ceux qui mentaient...Elles surent alors qu'elles na ne pourraient plus jamais supporter d'être séparées, que c'était elles deux ou personne. Le lien qui le unissait était plus fort que tout.Elles décidèrent alors de faire un pacte, qui les unirait à jamais. Elles s'ouvrirent l'avant-bras avec un rasoir et mélangèrent longuement leur sang, puis, longuement, elles l'aspirèrent. Elles se firent la promesse de rester ensemble jusqu'à la mort. Elles s'embrassèrent encore longtemps à en perdre le souffle, à en perdre la vie...Puis elles se touchèrent, encore et encore jusqu'à s'exaspérer de désir l'une pour l'autre. A travers les caresses, elles furent belles et féroces et forcément cruelles. Elles vécurent alors leur première nuit d'amour. Toutes deux étant vierges, cela fut d'une pureté infinie... Elles se découvrirent et s'unirent si fort que Alice fut June et June fut Alice, l'espace de cet instant infiniment beau, et elles ne formèrent plus qu'un être de désir, et elles s'aimèrent a se détruire.Elles surent alors qu'elles étaient au summum de leur amour, et que plus jamais elles ne vivraient un moment aussi intensément parfait.Depuis que June avait sombré dans l'anorexie, ses règles n'étaient pas revenues ce qui la ravissait, mais cela était sûrement du au fait qu'elle avait considérablement maigri, ce dont d'ailleurs personne ne s'était aperçu, hormis Alice, bien sur. Chaque repas demeurait une épreuve, car l'idée même de la nourriture la dégoûtait. Elle passait pourtant pour une gourmande auprès de ses proches, qui s'extasiaient par ailleurs du fait qu'elle ne grossissent pas...ils étaient si inconscients...Seule Alice la comprenait. June ne lui en avait pourtant jamais parlé, mais elle le lisait dans ses yeux. Elles savaient tout l'une de l'autre.Vinrent les vacances d'été qu'elles passèrent à Nice, chez les grands-parents d'Alice. Elles s'y amusaient follement, lorsqu'elles apprirent l'horrible nouvelle : Indochine donnait un concert à Biarritz...pendant qu'elles n'y seraient pas ! Ce groupe représentait tellement de choses pour elles, surtout qu'elles ne les avaient jamais vus en live...Elles en furent extrêmement attristées, d'autant plus que Nicola Sirkis avait annoncé qu'il pouvait s'agir là de leur dernière tournée...Les vacances se finirent donc dans la tristesse.Bientôt se fut la rentrée, et avec elles la peur d'être séparées. Elles ne le furent finalement pas, de justesse. Devant le fait qu'elles soient si proches, des ragots fusèrent rapidement sur elles, qu'il paraîtrait qu'elles étaient amoureuses. Devant les réactions négatives qui en décolèrent, elles comprirent qu'elles avaient eu raison de garder leur amour secret, et qu'elles devraient continuer ainsi...
La nouvelle tomba le 1er Novembre : Indochine prolongeait sa tournée de cinq dates dans cinq petites salles, et Biarritz faisait partie des cinq villes choisies ! La vie leur offrait une seconde chance, et elles allaient la saisir. Les billets étaient mis en vente le 20, et elles ne parlèrent plus que de ça... Seulement, le nombre de places étant mis en vente par internet étant limité a 600, le serveur se bloqua sous l'afflux d'internautes...avant qu'elles aient pu obtenir leurs places...Le monde leur sembla s'effondrer sous leur pieds, mais elles ne pouvaient concevoir de ne pas y aller. Ce concert leur était destiné et cela serait extraordinairement jouissif de le vivre toutes les deux...elles décidèrent donc de tout mettre en œuvre pour avoir des places, quitte à finir par les acheter un prix exorbitant sur E-Bay.June appela le Mouv' lors d'une antenne libre et raconta leur histoire. Elle savait que le groupe devait passer en interview le 27, soit la semaine suivante, alors elle demanda à passer à l'antenne en même temps pour leur parler. Emilie, l'animatrice, lui promit de faire son maximum, mais qu'elle n'était pas sûre que cela fut possible...Alice, elle, joua à un concours organisé sur RTL2, mais ne fut pas tirée au sort.
Il ne leur resta donc plus qu'à espérer que June puisse passer à la radio. Seulement trois heures avant l'émission, Emilie l'appela et lui annonça qu'elle aurait la possibilité de passer, et qu'elles n'étaient que deux à avoir cette chance, avec Truffe de Lyon. June réalisa donc ce jour là l'un de ses plus grand rêve : parler à Nicola. Elle eut l'air stupide, évidemment, car trop émue, mais elle était aux anges, d'autant plus qu'il lui offrit deux places de concert...Le jour dit elles mirent leurs robes bleue et rouge, qu'elles portaient lors de leur rencontre, et le jour de leur pacte et de leur première fois.Elles réussirent à se placer au 2e rang, juste en face de l'avancée de la scène. Elles se tinrent par la main tout au long du concert, qui fut absolument magique et parfait. Durant la dernière chanson, Nicola fit mon des spectateurs sur scène, et elles en firent partie. Elles firent donc un câlin à Nicola, leur idole, puis, en proie à une frénésie amoureuse et joyeuse, elles s'embrassèrent passionnément. C'était la consécration de leur amour et elles n'en pouvaient plus de bonheur et de désir. Ce fut presque aussi fort que la première fois qu'elles avaient fait l'amourUne fois dehors, n'y tenant plus, elles allèrent dans un coin et s'embrassèrent éperdument, puis elles se masturbèrent l'une l'autre, puis elles s'embrassèrent encore. Alice et June se regardèrent alors dans les yeux et, sans échanger aucune parole, surent ce qu'elles allaient faire.Le monde est un enfer et la vie est sale, et elles savaient qu'elles ne pourraient pas vivre leur amour au grand jour, car les gens sont tous les mêmes et que personne ne leur avait vraiment bien appris comment vivre dans ce monde. Elles savaient qu'il leur faudrait partir un jour ou l'autre, pour ne pas devenir que des adultes imparfaits. Elles pensaient que leur amour pouvait exister et résister toutes les nuits à l'infini, mais elles vivaient dans un monde de plaintes, et pourrissant de loin, et leur espoir s'était fané. Elles voulaient aller vers un paradis, un jardin étrange, qui serait leur Eden, se réfugier dans un monde meilleur... Elles s'emmèneraient et se protègeraient vers l'éternel, et oublieraient ceux qui ne comprenaient pas...Le moment était venu,dans cette nuit blanche et muette, à l'apogée de leur amour, elles devaient partir avant qu'on les détruise, avant de se faner, toutes deux attachées comme un adieu, jusqu'à la fin des nuits, et plus rien ne pourrait désormais les séparer...
Alors elles partirent en direction des falaises et s'y promenèrent longtemps, leurs petites robes volants dans les bourrasques de vent. Puis elles s'assirent sur le sol, au bord d'une falaise, l'une en face de l'autre, selon le rituel et s'observèrent.Alice regarda June et la trouva si belle que ses traits lui semblaient s'arracher d'elle dans la douleur.
Quant à June, elle s'absorba dans la contemplation d'Alice, et eut alors le sentiment d'être emplie d'elle jusque dans le bout de ses doigts.Puis elles s'embrassèrent encore longtemps et se prirent une dernière fois, puis, leurs robes claquants au vent, elles se tinrent au bord du gouffre, main dans la main... Elles se tournèrent l'une vers l'autre et se sourirent :
-Je t'aime June...
-Moi aussi je t'aime Alice, plus que tout...
Et puis...
June
À Chloé, son Alice pour toujours
# Posté le jeudi 10 janvier 2008 09:43
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 04:15

MARDI 04 DECEMBRE 2007

Voila la vidéo d'un des plus grands évènements de la vie d'Alice et June. En effet il s'agit là du concert d'Indochine du Mardi 04 Décembre 2007. Le concert de leur groupe préféré à toute les deux, qui représentent tant de choses pour elles. De plus, après ce concert parfait, elles montèrent sur scène lors de la dernière chanson: Talulla. June entre dans le champ de la vidéo à 1mn47, quant à Alice, elle, arrive à 1mn58
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# Posté le jeudi 24 janvier 2008 09:48
Modifié le jeudi 31 janvier 2008 04:57

JUNE I

JUNE I
J'ai peur. Peur de grandir. J'aimerais revenir à l'âge de huit ans et y demeurer toute ma vie. Ce bel âge où tout est permis, tout est facile, où personne n'attend rien de vous, l'âge de l'insouciance et de l'innocence... A huit ans, on ne sait rien de cette vie si sale et difficile qui nous attend. On vit dans un mensonge qui nous préserve un temps mais tout désillusionne incommensurablement lorsque l'on passe la porte de l'age adulte...Je voudrais ne jamais avoir à pousser cette porte, vivre continuellement dans cette illusion, ne jamais sortir de cette bulle dans laquelle je suis si bien, rester dans mon univers à l'infini...L'avenir qui m'est normalement destiné me terrifie, tous ces changements pour parvenir à l'être adulte...pourquoi serait-ce une bonne chose ? Moi cette idée m'angoisse. Personne ne m'a demandé ce que je voulais ! Si je me sens mieux ainsi et si que je veux rester à tout jamais telle que je suis ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi suis-je forcée de passer dans ce monde si pervers et si vil ? Et il faudrait en plus que je m'en réjouisse ! Oh, j'ai si peur...mais je crois qu'il est trop tard
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# Posté le jeudi 31 janvier 2008 05:06
Modifié le jeudi 07 février 2008 09:03

JUNE II

JUNE II
Je regarde la tâche écarlate qui s'étale sur le carrelage blanc de la salle de bains...J'ai toujours redouté cet instant. A présent, je ne peux plus faire marche arrière, je suis entrée dans le monde adulte et je ne pourrai plus jamais retourner dans celui des enfants...Ce changement marque la fin de ma pure innocence, et je suis désormais une grande personne, avec tout ce que ça implique, que je n'ai plus le droit de croire en mes rêves, que je suis a présent forcée de faire face à la réalité crue du monde...Ce liquide rouge à l'odeur de fer qui s'écoule de mon corps me révulse. J'ai l'impression qu'il emporte avec lui ma part de petite fille...Il parait que chacune d'entre nous attend ce jour avec impatience, et c'est une chose que je ne comprends pas. Je ne vois ici qu'une sorte de mue sale et répugnante qui marque irrémédiablement le passage cers un univers vide de toute insouciance. Cela m'a toujours terrifiée et je donnerais tout pour ne l'avoir jamais subi, et que ça ne se reproduise plus...Je suis si mal...
# Posté le jeudi 31 janvier 2008 05:09

JUNE III

JUNE III
Je me fais tellement horreur...je me dégoûte. D'ailleurs tout me dégoûte et tout m'écoeure. Alors je me vide. Je me vide de tout, de ce que je mange bien sûr, mais bien plus du sale que j'ai à l'intérieur. En effet, depuis mon entrée dans le monde des adultes, tout me paraît d'une tristesse infinie, si fade et si laid... Ma vision du monde a changée, mais aussi et surtout ma vision de moi. Je suis devenue laide à mon tour. Mon regard est comme celui de tous les adultes, éteint et vide de toute ma malice maintenant perdue. Mon visage est si simple qu'il en paraît stupide... Ce monde m'a happée et je suis devenue comme eux, une adulte imparfaite. Et puis j'ai tellement grossi aussi...Et ce sang qui, régulièrement, s'écoule de mon corps et est la cause de mon mal-être, m'horrifie et me répugne...Donc je me vomis. Je vomis ce que je suis, ce que je pense, ce que je représente...ce que je hais
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# Posté le jeudi 31 janvier 2008 05:14
Modifié le jeudi 31 janvier 2008 05:27